Opinions variées des gbHARSAH et des personnes trans sur le don de plasma et sur les questions de sélection posées aux donneurs potentiels

Sommaire du projet

Généralités

En 2022, envue de la sélection des donneurs, les fournisseurs de sang canadiensontéliminé la périoded’inadmissibilité des hommes gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (gbHARSAH) afin de la remplacer par des questions inclusivesfondées sur les pratiques sexuelles. Ceschangementsontété bien accueillis par certainsdonneursgbHARSAH, mais il y a encore peu de recherches sur la manière dont les communautésbispirituelles, lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres et queers (2S/LGBTQ+) perçoivent les fournisseurs de sang. Il manque égalementd’informationdétaillée sur l’expérience des donneurstransgenresen matière de don de sang.   

Ce projet vise à analyser les points de vue des membres des communautés gbHARSAH et trans pendant la période de transition entre les politiques d’admissibilité des donneurs concernant la faisabilité et l’acceptabilité du don de plasma d’aphérèse destiné au fractionnement, et la faisabilité et l’acceptabilité d’un système à deux étapes comportant des questions sur le sexe et le genre incluses dans le questionnaire que doivent remplir les donneurs potentiels.

Ce que nous avons fait

La présente étude a examiné le point de vue des personnes 2SLGBTQ+ relativement au don de sang, notamment leur sensibilisation aux changements apportés aux critères de sélection des donneurs concernant la sexualité, ainsi que leur perception des efforts déployés par les fournisseurs de sang pour être plus inclusifs quant à la sexualité et au genre.  

Tout d’abord, l’équipe a procédé à un examen exploratoire international des politiques actuelles relatives aux donneurs gbHARSAH et au don de plasma-aphérèse, ainsi qu’à d’autres technologies, politiques, processus et programmes visant à réduire la présence d’agents pathogènes transmissibles par le sang dans les dons de sang total. Au total, 51 études empiriques revues par des pairs produites entre 1997 et 2020 par des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques ont été évaluées afin de donner un aperçu des recherches portant sur les changements apportés aux politiques internationales, et de réduire ou d’éliminer l’exclusion des gbHARSAH en ce qui a trait au don de sang. 

La section qualitative de l’étude a été dirigée par Jacquie Gahagan. Elle comportait des questions provenant de divers organismes élaborées à partir des commentaires des membres du Comité consultatif communautaire en se fondant sur douze entrevues semi-structurées réalisées auprès de participants trans et de genres divers à travers le Canada. Les données ont été analysées au moyen de méthodes de codage ouvert pour éclairer les recommandations concernant les façons dont les fournisseurs de sang peuvent améliorer leurs processus pour les donneurs 2S/GBTQ+. Quant à la section quantitative de l’étude, elle a été codirigée par Nathan Lachowsky et le Centre de recherche communautaire. Au début de 2024, ils ont interrogé plus de 2 000 adultes de la communauté vivant au Canada qui s’identifient comme hommes gais, bisexuels, queers (cisgenre et transgenre), non binaires ou bispirituels (2S/GBTQ+) afin de connaître leurs opinions et perceptions actuelles sur le nouveau processus de sélection indépendante du genre fondée sur les personnes. 

Ce que nous avons constaté

L’équipe a dégagé quatre grands thèmes à partir des données qualitatives des entrevues :   

  1. Formation du personnel – La plupart des participants ont souligné l’importance d’améliorer la formation pour accroître l’engagement – voire le réengagement – envers les fournisseurs de sang. Ils ont affirmé vouloir lutter contre les préjugés persistants envers la clientèle 2SLGBTQ+. De plus, le manque de sensibilisation au sujet des personnes trans et de genres divers constitue toujours un frein au don de sang et de plasma.  

  1. Amélioration de la sensibilisation Bien quela plupart des participants étaient conscients de l’exclusion de certains donneurs de sang, ils ont exprimé un certain manque de clarté quant aux raisons qui sous-tendent les débats politiques continus sur les donneurs trans et de genres divers. Plus particulièrement, de nombreux participants ignoraient s’ils étaient admissibles à faire un don. Ils étaient d’avis qu’une meilleure sensibilisation à l’échelle nationale serait nécessaire pour combattre le stigmate associé à l’exclusion. 

  1. Rétablissement et renforcement de la confiance – Pour remédier à la méfiance à l’égard des fournisseurs de sang, les participants trouvaient qu’il fallait faire plus d’efforts pour partager des témoignages avec les communautés trans et de genres divers. Ils soulignaient ainsi que certains membres de ces communautés ignorent qu’ils peuvent faire un don.  

  1. Le plasma n’est pas la même chose que le sang – La confusion entourant les dons de plasma d’aphérèse et de sang total était perçue comme un facteur contribuant à la stigmatisation. Plusieurs participants ignoraient qu’ils pouvaient faire un don de plasma et se demandaient pourquoi ils pouvaient donner d’un produit, mais pas de l’autre.  

Les travaux quantitatifs ont montré que l’attitude des communautés 2S/GBTQ+ canadiennes envers le don de sang a évolué avec le temps, lorsque les politiques sont passées d’exclusions propres aux gbHARSAH à des évaluations inclusives de chaque donneur. Toutefois, les résultats ont révélé que 60 % des participants 2S/GBTQ+ estimaient que les critères de sélection inclusifs pour le don de sang étaient discriminatoires, et que seuls 51 % d’entre eux les trouvaient justifiés.  

Il s’agit d’une nette amélioration par rapport aux anciennes politiques de sélection utilisées pour les gbHARSAH. La grande majorité (85 %) des participants 2S/GBTQ+ interrogés ont exprimé leur opinion selon laquelle les fournisseurs de sang pourraient s’efforcer davantage de renouer avec les communautés 2SLGBTQ+. Un participant sur cinq (18,2 %) a affirmé que la stigmatisation ou la discrimination associée aux centres de don constituait un obstacle au don. Par ailleurs, deux tiers (62,9 %) des participants souhaitaient un filtrage plus minutieux des pratiques sexuelles, tandis qu’un tiers (37,2 %) tenait à une amélioration de la formation du personnel des centres de don sur la diversité sexuelle ou de genre. 

Occasions de changement/considérations futures

Selon les résultats, il est recommandé aux fournisseurs de sang canadiens et internationaux de poursuivre leurs relations avec les personnes et les donneurs 2S/LGBTQ+. Les thèmes identifiés dans le cadre des activités de l’étude ont révélé ce qui suit :   

  1. Il est essentiel d’améliorer la communication avec les communautés 2SLGBTQ+ en ce qui concerne les changements apportés aux règles régissant les donneurs, ainsi que les lignes directrices liées à la sexualité et au genre.  
  2. Les politiques et les procédures doivent être plus inclusives envers les personnes trans.  
  3. Une formation axée sur l’équité et adaptée aux cultures doit être offerte au personnel des centres de don afin d’améliorer les expériences interpersonnelles en lien avec la diversité sexuelle et de genre. 

Publications de recherche

Des manuscrits ont été soumis à des revues évaluées par des pairs et seront prochainement publiés.  

Un article supplémentaire non soumis à une évaluation par des pairs est également offert en version préimprimée :  

  • Gahagan J, Haw J, Butler-Foster T, et al. Advances in blood donor policies in relation to gay, bisexual and other men who have sex with men (gbMSM) and transgender populations as donors: A scoping review. 28 février 2022, PRÉIMPRESSION (Version 1) disponible à Research Square [https://doi.org/10.21203/rs.3.rs-1217762/v1] 

Du savoir à l’action

Pour exploiter les connaissances acquises grâce à ce projet, l’équipe a préparé des présentations et diverses autres activités de diffusion, notamment les suivantes : 

  • Wright I, Gahagan J, Lachowsky NJ. Legacies of the Canadian blood ban: Implications of past HIV prevention approaches for transgender and gender diverse Canadians. Présentation orale. Conférence annuelle de l’Association canadienne de recherche sur le VIH (ACRV). Du 1er au 4 mai 2025. Halifax, Nouvelle-Écosse, Canada. Chercheurs.
  • Lachowsky NJ, Klassen B, Curtis TJ, Rohani K, Lo R, Shah M, Amato A, Gahagan J. Evolutions in Canada’s Blood and Plasma Donor Screening Policies: 2S/GBTQ+ Community Attitudes to New Gender-Neutral Sexual Behaviour-Based Screening. Présentation d’affiche. Conférence annuelle de l’Association canadienne de recherche sur le VIH (ACRV). Du 1er au 4 mai 2025. Halifax, Nouvelle-Écosse, Canada. Chercheurs.
  • Lachowsky NJ, Klassen B, Curtis TJ, Rohani K, Lo R, Shah M, Amato A, Gahagan J. New Gender-Neutral Sexual Behaviour-Based Blood Donor Screening: 2S/GBTQ+ Community Attitudes. Présentation orale. Conférence annuelle de l’Association canadienne pour la recherche sur les services et les politiques de la santé (ACRSPS). Du 26 au 29 mai 2025. Halifax, Nouvelle-Écosse, Canada. Chercheurs.
  • Lachowsky NJ. Successes and challenges in ongoing efforts to liberalise blood donation policy in Canada. Présentation d’un conférencier invité à l’intention du panel portant sur les innovations internationales en matière de don de sang ayant une incidence sur les hommes gais et bisexuels. SPOTS Symposium, University of Auckland. 30 et 31 janvier 2025. Auckland, Aotearoa Nouvelle-Zélande.
  • MacAllister-Caruso F, Lachowsky NJ. Key Research Contributions: Community Response to Blood Donation Policy Changes in Canada. Présentation par webinaire. Fierté au travail. 26 mars 2025. En ligne.
  • Vesnaver E, Miguel G, Palumbo A, Lachowsky N. What’s Happening with Blood Donation Policy and Implementation Research? Discussion communautaire sur la recherche, les nouvelles politiques et le codéveloppement d’interventions. Sommet du Centre de recherche communautaire. 22 novembre 2025. En personne. Montréal, Québec, Canada.